Réseaux pédophiles : 90.000 enfants concernés et personne ne s’en souvient !

Réseaux pédophiles : 90.000 enfantsconcernés et personne ne s’en souvient !

 

C’est l’histoiredu plus grand réseau de pédophilie jamais démantelé (90.081 enfantsconcernés selon Interpol), et ce essentiellement à l’initiative d’une petiteassociation belge sans but lucratif qui étudie les problèmes de maltraitance etde disparitions d’enfants. L’asbl Morkhoven est active depuis la fin des années80, elle tire son nom du village où habite son président, Monsieur MarcelVervloesem, elle fût mise sous les feux de la rampe en juillet 1998 lorsqu’elledivulgua aux autorités des supports informatiques et des cassettes vidéopossédant un contenu à caractère pédophile.

Ces documents à caractère pédophile proviennent d’un appartementde Zandvoort, sur la côte hollandaise, à partir duquel les images étaientvendues sur internet.[1] Les personnes impliquées sont de diversesnationalités, le réseau pédophileétait actif dans plusieurs pays rendant le dossier relativement complexe.

La RTBF, télévision publique belge, diffuse un long reportageretraçant cette affaire le 09/09/1998 dans l’émission « FaitsDivers ». Il est actuellement disponible surdailymotion. Cet article est principalement basé sur lesinformations contenues dans ce reportage ainsi que sur la plainte déposéele 04/03/2001par l’asbl Morkhoven au Procureur du Roi deNeufchâteau (Belgique).

Voici les éléments importants de cette affaire présentés demanière chronologique.

Fin 1991 – début 1992 : Le film amateur « Madeira » est projeté à plusieursreprises, au café « Monty » situé à Temse (Belgique), à titre de« catalogue de voyage » de l’île de Madère et des« facilités » qu’elle propose. Son contenu est à caractère pédophile.Ce café ainsi qu’un autre café de Temse (le « Gayati ») étaientnotamment fréquentés par des pédophiles dont certains organisent des voyages enhollande avec des jeunes garçons marginaux ou issus de familles défavorisées.

29/01/1992 : L’asblMorkhoven, suite à des liens avec des enquêtes précédentes, a découvert cettesituation inquiétante et envoie au ministre belge de la justice du matériel depornographie enfantine lié auréseau de Temse.

Peu de temps plus tard, se sentant découvert, des personnes gravitantautour des 2 cafés portent plusieurs fois plainte pour chantage, diffamation etescroquerie contre Marcel Verloesem, le président de l’asbl.

18/09/1992 : Suite àune intervention de la police hollandaise dans un appartement de Waalre (nonloin d’Eindhoven), le bureau d’Interpol de La Haye adresse à celui de Lisbonneune liste des 4 adultes qui se trouvaient dans l’appartement. Ces adultes ontété surpris en compagnie de 2 jeunes adolescents à demi-drogués et complètementnus. Ils étaient en possession de photos à caractère pédophile (contenant desenfants portugais) et étaient en train de regarder des films pornographiquesamateurs.

Dans l’un d’entre-eux, on pouvait observer sur une plage duPortugal l’un des adultes présent dans l’appartement, à savoir le belge RobbieVan Der Plancken. Etant né le 07/09/74, il était encore forcément mineur aumoment du tournage. En sus de Robbie, on retrouvait également sur cette listeLothar Glandorf (allemand né en 60), Norbert De Ryck (belge né en 49 et domiciliéà Temse) ainsi qu’un hollandais domicilié à Waalre. Lors de son audition,Lothar Glandorf admet connaître Norbert De Ryck et avoir déjà rencontré chezlui un anglais, un certain WarwickSpinks.

92 & 93 : Lesautorités « compétentes » sont donc en possession de preuves solideset pourtant l’affaire n’évolue pas. La presse est également muette.

24/07/93 : Le petitManuel Schadwald de Berlin disparaît à l’âge de 12 ans.

Une année plus tard, un groupement d’aide social enregistre uncoup de fil anonyme dans lequel l’interlocuteur déclare détenir des preuvesattestant que le petit Manuel est mort à Amsterdam et que l’homme qui porte samort sur sa conscience se trouve régulièrement à la gare en fin de matinée. Ilne connait pas son nom mais donne une brève description de cet homme qui sepromènerait presque toujours avec sa clé de voiture en main.

19/09/94 : Manuelest vu, selon des observateurs travaillant pour la police de Rotterdam, encompagnie de Lothar Glandorf rentrant tous deux dans un bar.

Fin 1994 : Suite àune collaboration avec la police allemande, la police de Rotterdam démantèle un réseaudeprostitution enfantine et parvient à soustraire une série de jeunes garçonssans pour autant mettre la main sur le petit Manuel. Deux bars sont fermés parla police, l’un des propriétaires n’est autre que Lothar Glandorf et il seracondamné en octobre 1995 à une peine de 6 ans de prison pour traite d’êtreshumains, débauche de mineurs de moins de 16 ans et occupation de garçons de -de 18 ans dans un bordel. Plusieurs de leurs clients, dont un français, unanglais et deux américains, furent également condamné à des peines de prison.

Mai 1995 : Leprésident d’Interpol et chef de la police suédoise, Bjorn Eriksson, déclarelors d’une conférence qu’il y aurait, en Europe, 30.000 pédophiles liés aux réseaux et à la publication de pornographieenfantine. (source)

05/10/1996 : Uncertain Dirk, l’une des personnes qui avait porté plainte contre MarcelVerloesem, déclare à la TV hollandaise NOVA ainsi que dans la presse écrite quesa plainte avait été déposée afin de monter un dossier de toutes pièces parceque « Verloesem allait trop loin ».

08/04/1997 : Uneémission appelée « Boy Business » est diffusée en Angleterre. Unancien compagnon deWarwick Spinks, nomméEdward, fait des révélations terribles sur ce milieu qu’il a définitivementquitté. Il parle en effet de snuff movie ! Il affirme avoir vu 5 cassettesvidéo où des enfants sont soumis à des abus sexuels, puis mis à mort devant la caméra. Il implique Warwick dans ces meurtres.Dans l’une des vidéos, il dit notamment avoir vu un enfant mourir étouffé parles parties génitales de son abuseur. La scène se déroule sur un bateau et ledécès a provoqué une véritable panique parmi les adultes.

Juin 1997 : WarwickSpinks qui était emprisonné depuis 1994 pour cause d’enlèvement, de prise dephotos indécentes et d’agression sexuelle grave d’un garçon de 14 ans, estlibéré de manière anticipée. Scotland Yard et la police hollandaise se disentchoqués par cette libération.

Courant 97 : MarcelVerloesem est condamné dans le cadre de la plainte de Dirk au tribunal de 1èreinstance (il fera évidemment appel à ce jugement) . Il fera l’objet d’unedétention de 15 jours suite à cette condamnation et c’est celle-ci qui permitd’ouvrir la boîte de pandore. En effet, il put prendre connaissance de sondossier dans lequel figurait également toutes les pièces concernant le réseau de Temse.

Il s’empressa dès lors de recopier l’intégralité de ce dossierdont notamment le procès verbal du dépôt au greffe du tribunal de Dendermondele 02/12/1992 :
-d’agendas dont l’un ayant appartenu àNorbert De Ryck contenant des adresses à Madère.
-de 27 cassettes vidéo dont l’une intitulée« Madeira » comportant la mention « enfants violés ».
Dans ce dossier, il figurait égalementune photo d’un homme comportant la mention « n’a pas été identifié ».Cette photo était extraite de la vidéo « Madeira ».

Octobre 1997 : L’asbl se met alors en quête de cet homme en plaçant la photo surune affiche d’avis de recherche. Ils parviennent de cette manière à retrouverl’individu, un certain Robert Vander Naaten (hollandais), qui accepte unrendez-vous avec Marcel Vervloesem. Très inquiet de se savoir découvert, ildéclare n’avoir jamais rien fait avec des enfants et il est prêt à charger sescomplices dont De Ryck. Pour cela, il remet à Marcel Vervloesem plusieurscassettes dont « Madeira ».

Marcel Vervloesem fera alors le voyage au Portugal pour remettreun copie des cassettes vidéo qu’il possède, en présence de caméras, dans lesmains de la police de Funchal.

05/11/1997 : Ladéputée flamande Nelly Maes relaye publiquement des éléments du dossier,lesquels feront plusieurs titres dans la presse belge du lendemain.

07/11/1997 : Leministre de la justice belge (de l’époque mais aussi l’actuel), Stefaan DeClerck, déclare dans le journal Het Volk qu’il n’y a pas de réseau de pornographie enfantine à Temse.

Novembre 1997 : Unreportage de 2 journalistes-correspondants portugais basés à Bruxelles estdiffusé sur une chaîne portugaise, il montre des extraits de la cassette« Madeira » et c’est ce qui « permettra » véritablement auxautorités judiciaires des différents pays de réagir.

Grâce aux informations transmises par l’asbl Morkhoven, leprocureur général de Funchal lance alors un mandat d’arrêt international contretous les acteurs identifiés sur les cassettes. Plusieurs personnes sont arrêtéesparmi lesquelles se trouve le hollandais RobertVander Naaten (celui qui a donnéles cassettes àVervloesem) et Norbert De Ryck (le belge de Temse). Ils serontrespectivement condamnés à 2 et 8 années de prison. Le jeune belge Robbie VanDer Plancken, qui faisait pourtant partie de la liste d’Interpol en 92, n’estpas inquiété.

1998 : MarcelVervloesem rentre en contact avec les parents de Robbie Van Der Plancken. Cesderniers lui permettent de téléphoner à Robbie. Marcel Vervloesem lui posealors des questions pertinentes sur la disparition de Manuel Schadwald, ce quiinquiéta fortement Robbie.

En réutilisant donc la même méthode qui lui avait permis dedéjouer le « réseau Temse-Madeira » quelques moisplus tôt, Marcel Vervloesem obtiendra plusieurs rendez-vous avec Robbie Van DerPlancken en mai et juin 98. Il parviendra même à convaincre Robbie d’êtreaccompagné, le 4 juin, par les caméras de l’équipe de télévision belge« Faits Divers ». (à partir de la 5ème minute dulien)

04/06/1998 : Larencontre a lieu en plein centre d’Amsterdam, sur la terrasse d’un café. Leséléments importants de cet entretien sont le fait que Robbie déclare :
1° avoir rencontré Manuel Schadwaldaccompagné de Lothar Glandorf en 1993, à savoir l’année de sa disparition. Ilest persuadé que Glandorf est la personne décrite dans le coup de fil anonymede 94 grâce à l’indice de la clé de voiture perpétuellement en main. Robbie prétendque Manuel Schadwald est toujours en vie, contrairement à ce que racontent lesrécits des milieux pédophiles.
2° que le business de la prostitutionenfantine et des cassettes pédophiles lui permettait de gagner facilement 7.500à 10.000 € mensuellement.[2]
3° que la vente d’une cassette vidéo,suivant les moyens financiers du client, pouvait se négocier jusqu’à plus de25.000 € si celle-ci avait été réalisée àla demande du client.[2]

A l’issue de l’interview, lorsque les caméras sont rangées, lecompagnon de Robbie les rejoint, il se nomme Gerrit Ulrich, il est âgé de 49ans et est à la tête d’une société informatique nommée « CubeHardware ». Ils boivent un verre ensemble et à l’insu de Robbie, Ulrichs’adresse à Marcel Vervloesem et lui donne un rendez-vous. Ulrich se sent eneffet très mal à l’aise depuis qu’il sait qu’un lien a été fait entre ManuelSchadwald et son compagnon. De plus, il sait que peu de temps avant cetteinterview, Robbie a été interrogé pendant plusieurs heures par la police d’Amsterdam.

11/06/1998 : Lerendez-vous se déroule à l’appartement d’Ulrich, situé à Zanvoort sur la côtehollandaise. Via 6 ordinateurs, cet appartement diffuse sur internet [1] desphotos à caractère pédophile.

Ulrich tente de prouver que son compagnon Robbie est plus unevictime qu’un acteur et pour se faire, il fournit en main propre un disque JAZ(1 giga) à Marcel Vervloesem, ce matériel constituant une fraction del’ensemble des photos diffusées sur le net. Parmi ces 8.000 photos, des bébés se font violer par dessexes adultes.

Les paiements pour accéder aux images se faisaient directement surle compte bancaire d’Ulrich avec en communication le nom de code du site :« Apollo ». Ce nométait également le nom d’un voilier de luxe, propriété d’un homme d’affairenéerlandais (Léo V.G.), grâce auquel Robbie et Ulrich organisaient descroisières « particulières ». Desphotos d’abus sexuels d’enfants perpétrés sur ce bateau ont été prises etfigurent dans le matériel fourni à Marcel Vervloesem.

Durant cette même journée, Marcel Vervloesem prendra contact avecla gendarmerie d’Alost pour les informer de l’existence de ce matériel.

Quelques jours plus tard, de Lyon, Ulrich reprend contact partéléphone auprès de Marcel Vervloesem pour lui révéler où se trouvait uneplanque dans laquelle il cachait du contenu à caractère pédophile. Après quoi,il quitte précipitamment l’appartement où il se trouve pour prendre la fuite enItalie.

19/06/1998 : MarcelVervloesem apprend le décès d’Ulrich et décide de prendre contact avec lafamille du défunt chez laquelle se situe sa planque secrète. La belle-soeurd’Ulrich retrouvera alors sous un plancher du matériel de pornographie enfantine (cassettesvidéo et disquettes) ainsi que des vêtements pour bébés ! Ce matériel futensuite saisi par la police de Zandvoort.

Quelques jours plus tard, Robbie Van Der Plancken est arrêté enItalie et sera condamné d’une peine de 15 ans de prison pour le meurtre de soncompagnon Gerrit Ulrich.

La justice hollandaise demandera plus tard l’extradiction deRobbie Van Der Plancken pour les chefs d’inculpation suivants :
-pour avoir du 01/08/1997 au 19/06/1998diffusé des images pornographiques de mineurs via internet montrant l’actesexuel complet entre adultes et mineurs
-pour avoir de surcroît produitsemblables images et en avoir assuré le suivi.
-pour avoir enlevé le mineur ManuelSchadwald d’Allemagne vers les Pays-bas le 24/08/1993. (rappel le petit Manuel avaitdisparu de Berlin le 24/07/1993)
-pour avoir fait partie d’uneorganisation criminelle se livrant à de semblables délits.

17/07/1998 : ChristianDufour, Procureur du Roi de Dendermonde, déclare que l’ « affaireTemse-Madeira » et celle de Zandvoort ne sont pas liées, elles necomportent aucun lien commun. Or l’asbl Morkhoven n’a toujours pas transmis lematériel à cette date. Il était dès lors impossible que le Procureur Dufour sefasse une opinion.

20/07/1998 : Devantles caméras de la chaîne publique belge RTBF, Marcel Vervloesem explique que lajustice néerlandaise est en train de prétendre qu’il aurait volé les documentsà l’insu de Gerrit Ulrich. Ces documents ne pourraient dès lors pas êtreutilisés dans des procédures judiciaires, puisque volés.

21/07/1998 : Devantles caméras de la chaîne publique Nederland 2, le matériel est donné auxautorités belges. Vervloesem est également arrêté durant quelques heures à lademande de la justice belge.

Les journalistes sont étonnés d’apprendre qu’un simple citoyenrefusait jusqu’à ce jour de remettre du matériel informatique illégal à lapolice. Marcel Vervloesem explique qu’il lui fallait des garanties, que c’étaitune réaction normale au vu de ce qui s’était passé depuis 1992.

22/07/1998 : Durantune conférence de presse, Marcel Vervloesem informe qu’il a reçu toutes lesgaranties de la part du juge d’instruction de Turnhout et que cette affairesera traitée sérieusement.

28/07/1998 : Le ministre de la justice belge, Stefaan De Clerck, reconnait dansle journal Het Laatste Nieuws l’efficacité du travail de l’asbl Morkhoven ets’adresse à la presse hollandaise en ces termes : « tout le mondesavait que ces choses se passent depuis longtemps, mais nous avons fermé lesyeux trop longtemps ».

Mi-Août 1998 : La justice belge traite« sérieusement » le dossier : le parquet de Turnhout se dit envacances tandis que le parquet de Dendermonde répond aux journalistes qu’il nepeut céder le matériel car les enquêteurs belges en ont besoin.

18/08/1998 : Marcel Vervloesem explique que lematériel avait été fournis en double, en prévision d’une enquête en Belgique etaux Pays-Bas, et que donc le parquet de Dendermonde aurait très bien pu fournirune copie à celui de Turnhout ou à la police hollandaise.

24/08/1998 : Devantles caméras de la RTBF, Marcel Vervloesem donne à nouveau les documents maiscette fois à la police hollandaise de Bloemendaal. L’ensemble des données ontété rassemblées sur un cd-rom pour l’occasion.

09/09/1998 : Lereportage « Réseaux Pédophiles » est diffusé dansl’émission « Faits Divers » de la RTBF.

C’est à cette date que nous clôturons ce premier article. Deschoses « sérieuses » commenceront dès le lendemain à l’encontre deMarcel Verloesem et ce sujet sera analysé plus en détail prochainement.

Cependant, il y a déjà lieu de se poser une multitude de questionsparmi lesquelles :
-Pourquoi les autorités judiciaires ont-elles perdu 5 années dans cetteenquête ?
-Pourquoi est-ce essentiellement grâce à une petite asbl que cette affaire a puéclater ?
-Pourquoi cette histoire n’est pas entrée dans la mémoire collective à l’instarde l’ « affaire Dutroux » ou celle de« Fourniret » ?
-Qu’en est-il de tous ces versements versés sur le compte d’Ulrich avec lamention « Apollo » ?
-Quelles sont les personnes qui peuvent financièrement se permettre d’acheterdes documents d’une telle perversité ?

 

A suivre…

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Une réponse à Réseaux pédophiles : 90.000 enfants concernés et personne ne s’en souvient !

  1. verdi dit :

    NB : QUAND LA FRANCE VOUS REND MALADE , ELLE PAIE !!!

    Les commissions régionales de conciliation et d’indemnisation (CRCI)

    http://www.oniam.fr/

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